La vaccination saisonnière protège contre certaines infections

La vaccination saisonnière contre la grippe ne vise plus uniquement à empêcher l’infection. Les données récentes de la saison 2024-2025 montrent que les hospitalisations, les passages en réanimation et la surmortalité touchent massivement des personnes présentant des comorbidités ou un âge avancé. Mesurer l’efficacité d’un vaccin grippal revient donc à poser une question précise : quel vaccin, pour quelle tranche d’âge, réduit le mieux les formes sévères ?

Grippe saisonnière 2024-2025 : bilan chiffré des formes graves

Le bilan publié par Santé publique France pour la saison 2024-2025 permet de quantifier le poids réel de la grippe sur le système hospitalier français.

Indicateur Donnée 2024-2025
Consultations en médecine de ville 3 millions
Hospitalisations 30 000
Surmortalité toutes causes Environ 17 600 décès
Part des patients en réanimation avec comorbidité ou facteur de risque 86 %

Le chiffre le plus parlant reste celui des réanimations : 86 % des patients admis en réanimation présentaient au moins une comorbidité, et la majorité d’entre eux n’étaient pas vaccinés. Autrement dit, la grippe sévère n’est pas un événement aléatoire. Elle frappe des profils identifiables, sur lesquels la vaccination pourrait agir si la couverture vaccinale dépassait son niveau actuel.

Pharmacien conseillant une femme âgée sur la vaccination saisonnière contre les infections

Couverture vaccinale grippe en France : moins de 26 % des personnes à risque

Près de 4,5 millions de patients souffrant de maladie chronique sont invités chaque année par l’Assurance Maladie à se faire vacciner contre la grippe. La couverture vaccinale réelle reste sous la barre des 26 % chez ces personnes à risque.

Ce décalage entre population cible et population vaccinée explique en partie le poids des formes graves. Quand moins d’un patient sur quatre dans la cible se vaccine, les bénéfices collectifs du vaccin restent marginaux.

Populations concernées par la recommandation vaccinale

  • Toutes les personnes de 65 ans et plus, avec un renouvellement annuel recommandé parce que les souches en circulation changent d’une saison à l’autre
  • Les adultes et enfants de plus de 6 mois atteints de maladies chroniques respiratoires, cardiaques, rénales, hépatiques ou métaboliques (dont le diabète)
  • Les femmes enceintes, quel que soit le trimestre, ce qui protège aussi le nourrisson durant ses premiers mois de vie
  • Les professionnels de santé et les personnes en contact régulier avec des sujets fragiles, dans une logique de protection indirecte

La recommandation couvre aussi les personnes obèses et celles en ALD (affection de longue durée), pour qui le vaccin est pris en charge intégralement.

Vaccin grippe à haute dose et tranches d’âge : ce qui change pour les seniors

La question n’est plus seulement de savoir si le vaccin fonctionne, mais quel vaccin fonctionne pour quel groupe. Les autorités suisses recommandent désormais les vaccins à dose élevée comme préférables à partir de 75 ans, et aussi pour les personnes de 65 ans et plus présentant un facteur de risque supplémentaire.

Cette distinction est significative. Un vaccin trivalent ou quadrivalent standard stimule une réponse immunitaire correcte chez un adulte de 40 ans. Chez une personne de 80 ans dont le système immunitaire répond moins vigoureusement, un vaccin à haute dose génère une meilleure protection contre les formes sévères.

Efficacité variable selon l’âge et le type de virus

Les données de phase 3 de la saison 2024-2025 confirment que l’efficacité vaccinale varie selon l’âge, le sexe et le sous-type viral. La protection apparaît plus élevée chez les enfants et contre la grippe B que contre la grippe A.

La circulation d’un sous-clade H3N2 récent complique la donne. Les premiers retours de terrain montrent toutefois une protection encore présente contre les issues sévères, même si l’adéquation entre la souche vaccinale et la souche circulante n’est pas parfaite. En revanche, contre les consultations bénignes, l’efficacité baisse plus vite quand le virus dérive antigéniquement.

Trois collègues de bureau discutant d'une campagne de vaccination saisonnière autour d'une affiche d'information

Vaccin ARNm contre la grippe saisonnière : une nouvelle génération autorisée

Un premier vaccin à ARNm contre la grippe saisonnière a reçu une autorisation pour les adultes de 50 ans et plus. Cette autorisation s’appuie sur des résultats de phase 3 conduits pendant la saison 2024-2025.

La technologie ARNm permet théoriquement une mise à jour plus rapide de la composition vaccinale lorsque les souches circulantes changent en cours de saison. Pour les populations vieillissantes, l’intérêt repose sur la capacité à produire une réponse immunitaire adaptée dans un délai court, un paramètre critique quand l’épidémie démarre plus tôt que prévu.

Ce changement réglementaire dépasse la simple actualité pharmaceutique. Il ouvre la possibilité d’adapter la stratégie vaccinale non plus seulement en fonction de l’âge, mais aussi du type de vaccin disponible et de la fenêtre épidémiologique.

Vaccination antigrippale et contexte professionnel : un levier sous-exploité

La vaccination en milieu professionnel reste recommandée pour les soignants et les personnes en contact avec des publics fragiles. L’objectif n’est pas de protéger le salarié lui-même (bien que ce soit un bénéfice secondaire), mais de réduire la transmission vers des patients ou résidents qui supporteraient mal l’infection.

Les campagnes en entreprise ou en établissement de santé permettent d’atteindre des personnes qui ne consulteraient pas spontanément leur médecin pour se faire vacciner. Dans un contexte où la couverture vaccinale stagne, la vaccination en milieu professionnel représente un levier concret pour augmenter la protection collective.

La saison 2024-2025 a montré que la grippe pèse lourdement sur le système de santé français, avec des formes graves concentrées sur des profils identifiés. L’arrivée de vaccins à haute dose pour les seniors et d’un premier vaccin ARNm pour les plus de 50 ans modifie la donne.

Le frein principal reste la couverture vaccinale : tant qu’elle plafonne sous les 26 % chez les personnes à risque, les outils vaccinaux, aussi perfectionnés soient-ils, ne produiront qu’une fraction de leur effet potentiel.

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